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Mais au fait, c'est quoi la bio ?

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C'est vrai, pour une bonne partie des contacts que je peux avoir dans mon métier, il ressort une grande méconnaissance de ce qui se cache derrière ces deux lettres "A B", blanches sur fond vert. Je devrais aussi dire une certaine déformation ou une interprétation fausse se répète.
Sans donner d'exemples, je souhaite ouvrir le sujet et clarifier certains points ; je la fait courte :

L'origine de l'agriculture biologique française vient de quelques paysans qui, en pleine période productiviste (et même avant), se sont orientés vers des modèles plus durables, portés par leurs convictions. On y retrouve, par exemple, le lien au sol (alimenter ses animaux avec les produits de sa terre), le refus des pesticides, très lié au problème des semences (vendues avec le produit de traitement adapté, et quasiment stériles). Plus tard viendra aussi le refus des OGM, la volonté de créer des filières respectueuses de ces modes de production.
Dans les années quatre-vingt dix, avec certaines catastrophes sanitaires, le mouvement bio à pris de l'ampleur, si bien que la politique agricole s'est emparée de cette opportunité pour pouvoir répondre à la forte demande du marché...pour maintenir sa CROISSANCE. Enfin, et très rapidement après, ce label s'est harmonisé à l'échelon européen.

Aujourd'hui, à mon échelle, je constate que ce mouvement pour la bio ne cesse de croitre et que les gens commencent à se poser des questions sur leurs modes de consommation, les agriculteurs remettent plus en cause leur système de production...c'est très bien !
Mais, par ailleurs, le cahier des charges de l'agriculture biologique se détache de certains principes.
Pour ma part, le lien au sol n'est plus obligatoire (l'aliment peut être acheté), la tolérance sur le pourcentage d'OGM dans l'aliment ne baisse pas...Bref, tout est fait pour pouvoir produire plus, sans remettre en cause les filières, tout en conservant la dépendance des paysans aux industries agroalimentaires.

Je pensais que ce label AB amènerait les fermes a adapter la taille de leurs élevages aux terres dont elles disposent, a trouver des systèmes complémentaires (polyculture, plusieurs productions)...bref, aller dans la continuité des précurseurs de ce mouvement.
Je pensais que les paysans retrouveraient la responsabilité de maîtriser (au moins un peu plus) la commercialisation de leurs produits (moins de dépendance aux cours du marché).

Une phrase très simple pour expliquer ce qu'est un produit bio : Il a été produit suivant les règles dictées par le cahier des charges européen de l'agriculture biologique.

Il n'est nullement question de distances et l'empreinte carbone laissée par le transport des produits bio importés ne compte pas dans la balance ; tout ceci pour fournir une grande partie des GMS et répondre aux appels d'offre de nos collectivités locales.

J'ai, pour ma part, opté pour adhérer à la marque Bio cohérence. Celle-ci oblige, en plus de la certification AB, à rentrer dans une démarche de progrès : Analyser sa démarche actuelle, en faire ressortir les points faibles ou les points à améliorer ; aller vers l'autonomie alimentaire, 0 % d'OGM dans tous les intrants...Cette marque est française et privée ; elle intègre l'ensemble des acteurs, du producteur au consommateur, en passant par les transformateurs et les distributeurs ; tous sont appelés à entrer dans une démarche de progression. Si l'on adhère à ces valeurs, je pense qu'il faut en être RESPONSABLE.



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