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Interview de M. Paul Penicaud de la ferme "LA VOLAILLE BIO DE LIGOURE"

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Votre production est issue d'une méthode de production BIO (Agriculture biologique), pouvez vous nous dire ce qui vous a poussé à aller dans ce sens ?
Penicaud Paul Réponse de Penicaud Paul

J'ai choisi l'agriculture biologique pour appliquer mes convictions : je pense que toutes les filières, et en particulier les filières agricoles, doivent être cohérentes.

Une activité adaptée à la terre (lien au sol) et adaptée à la demande (lien avec le consommateur). J'ai vu des agriculteurs conventionnels se « plaindre » de la chute des cours de leurs production. C'est parfois à cause d'un décalage entre l'offre et la demande.

J'ai remarqué que plus les filières sont longues, plus la réactivité est faible, plus la valeur ajoutée est divisée (et souvent répartie inéquitablement), plus le paysan est volé de ses responsabilités : Produire sa semence, faire son aliment, (faire sa comptabilité)... et surtout s'occuper de vendre ses produits, quand on est chef d'entreprise, c'est quand même important !

Pour ma part, la meilleure façon de sécuriser mon travail, c'est de mettre en valeur ma manière de produire, et ceci passe par un label (AB), une marque (Bio Cohérence), et un échange avec mes clients.


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Quelle est aujourd'hui, sur un plan géographique, l'étendue de votre notoriété ?
Penicaud Paul Réponse de Penicaud Paul

J'ai une petite ferme (en comparaison des élevages plus conventionnels) et j'espère pouvoir fournir une partie de la demande locale.

Les règles sanitaires (abattage à la ferme) m'imposent une commercialisation dans un rayon de 80km. Ceci est amplement suffisant. Je vends mes volailles à la ferme le vendredi après-midi (marché de producteurs sur le domaine), le samedi matin sur le marché (Place Marceau à Limoges). Le reste de la production est livré à des associations de consommateurs et aux écoles de la région (par l'intermédiaire de la plate forme Manger-Bio-Limousin).

J'ai choisi de montrer aux gens que produire des poulets bio ne coûte pas plus cher que des poulets fermiers.

En ce qui concerne la notoriété, je ne pense pas en avoir beaucoup étant donné que je me suis installé il y a à peine un an.


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Étant donné les problématiques d'abattage et de distribution de la viande. Comment organisez vous vos distributions ?
Penicaud Paul Réponse de Penicaud Paul

J'ai un abattoir à la ferme (mon agrément ne m'autorise à n'abattre que ma production), les volailles passent 24 heures en chambre froide pour que la viande ressuie, enfin, le transport se fait en glacières et la distribution dans une vitrine réfrigérée.

J'ai fait le choix de ne vendre que des produits frais car les investissements pour refroidir et stocker la viande congelée sont extrêmement lourds. Ceci m'oblige à m'adapter constamment à la demande (vacances scolaires, tourisme, fêtes de fin d'année...) : J'ai, en permanence 4 lots de volailles d'âges différents pour fournir mes clients une fois par semaine.

Ce système ne peut fonctionner qu'avec des consommateurs qui sont actifs (sensibles aux questions agricoles), je les en remercie.


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Depuis ces dernières années, comment avez vous vu évoluer les pratiques de la vente en direct ?
Penicaud Paul Réponse de Penicaud Paul

Je trouve ça très bien, tous les effets sont bénéfiques. Je pense que c'est aussi un bon moyen de limiter notre dépendance au pétrole et aux spéculations commerciales mondiales (les céréales par exemple). A ce propos, il faut se méfier des dérives induites par cette forte demande de produits de la ferme, et en particulier les produits bio : Allègement du cahier des charges (OGM, plus de lien au sol, pas de notion de proximité), flambée des prix, tentation de remettre les mêmes filières en place (j'ai vu des poulets bio à 15? / kg !!!)... etc.



Je pense qu'assumer notre responsabilité individuelle (producteur, consommateur, citoyen) et collective (politiques, associations, coopératives...) sera la seule garantie pour pouvoir répondre à nos besoins présents sans compromettre la possibilité, pour les générations futures, de pouvoir répondre à leurs propres besoins. Ce qui revient à dire qu'il ne faut pas vivre qu'en pensant à soi. De ce côté-là, je pense que l'on ne manquera pas de travail.





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